Un garage centenaire transformé en loft authentique à Toronto
Un garage automobile du début du 20e siècle a été converti en loft authentique sur trois niveaux à Toronto. On analyse tous les choix déco
C'est dans un ancien garage automobile du début du 20e siècle, converti en maison sur trois niveaux, que se trouve ce loft authentique. Il a conservé de sa vie ancienne, son caractère brut avec une cohérence assez rare.
Le bâtiment s'appellait le High Park Garage. L'inscription reste visible sur la façade en briques, à moitié cachée par un érable japonais planté devant l'entrée. Pour ce projet de réhabilitation, on n'a pas cherché à effacer le passé industriel, car cela lui aurait ôté beaucoup de son charme.
Les fenêtres à croisillons noirs, grandes et régulières, tranchent sur la maçonnerie ancienne. Ce choix de couleur accentue le caractère ancien du bâtiment. Il n'est pas nécessaire de chercher à tout prix à le moderniser.
Le rez-de-chaussée s'ouvre sur un espace de vie unique totalement ouvert, installé sous des poutres d'origine qui courent à environ 3,65 mètres de hauteur. Le sol en béton poli qui cache le système de chauffage, recouvre l'ensemble du niveau.
La palette choisie pour la décoration par les occupants actuels joue sur quatre matières. On y trouve la brique rouge sur les murs, le bois sombre des poutres centenaires, l'acier brut de certains aménagements, et le béton du sol. Le mobilier casse cette austérité industrielle avec beaucoup d'intelligence.
Les fauteuils en velours roux apportent une chaleur immédiate. Le grand tapis kilim rouge et fuchsia, posé directement sur le béton, crée une zone colorée et dynamique. C'est un choix osé, car un tapis aussi saturé dans un espace aussi sombre peut augmenter la sensation d'obscurité. Les murs en brique apportent exactement la même chaleur chromatique dans les tons orangés et terracotta.
La cohérence de la palette est très calculée. Brique, velours roux, kilim rouge, on est dans la même famille de teintes, mais avec des textures très différentes.
Ce loft réserve une surprise car il dispose de deux cuisines complètement distinctes, chacune avec sa propre identité décorative et ses propres usages.
La première est bleue. On ne s'attend pas forcément à voir du bleu pétrole dans cet espace. Et pourtant, c'est un contraste qui fonctionne parfaitement ici. La cuisine occupe un côté du rez-de-chaussée, avec du mobilier dans un ton plutôt froid qui met en valeur la chaleur de la brique. Le plan de travail en inox brossé et la crédence en carrelage clair font également un contrepoint à la brique.
La seconde cuisine est totalement différente dans l'esprit et dans la palette, elle occupe un autre angle du rez-de-chaussée. Ses façades en bois teinté brun très sombre, presque acajou, montent jusqu'aux poutres en formant un bloc monolithique massif. Le plan de travail en granit. Le détail le plus surprenant est la crédence en miroir biseauté, qui reflète l'espace et démultiplie la lumière dans un coin naturellement sombre.
Les œuvres d'art présentes dans ce loft sont nombreuses. Le tableau le plus marquant est une grande photo d'une pivoine rose sur fond très sombre, presque noir, accrochée directement sur la brique rouge. Le contraste entre le fond sombre du tableau et la chaleur de la maçonnerie crée un effet de profondeur.
À côté, on remarque une suspension de type Spoutnik en métal laqué noir avec des bras multiples et des globes blancs. Ce luminaire, typique des années 50-60, a retrouvé une certain succès dans les années 2000, avec l'émergence des lofts. Il dialogue parfaitement avec la table ronde en teck massif et les chaises scandinaves. C'est un style mid-century intemporel bien adapté à l'esprit des lieux. Des casiers métalliques ont été récupérés, peut-être dans ancienne école ou dans le vestiaire de l'ancien garage. Ils ont été conservés dans leur état d'origine gris acier.
Le second niveau réserve la surprise la plus forte. La chambre principale est équipée d'une baignoire sur pieds en fonte, laquée noire à l'extérieur, face au lit.
Ce choix divise toujours (ce n'est pas celui que nous préférons pour chez nous, mais il se justifie assez bien dans cet environnement). Pratiquement, cela semble difficile à conserver rangé, et facile à vivre. Esthétiquement, c'est plutôt beau. La baignoire à pattes en argent poli sur le béton gris, devant les briques peintes en blanc, avec les poutres brutes au plafond, en photo c'est parfait.
Les briques de cette pièce sont peintes en blanc, contrairement au rez-de-chaussée où elles restent nues. Ce changement de traitement entre les niveaux est une bonne décision car il distingue les espaces de vie des espaces de nuit, et la chambre gagne en légèreté.
La salle de bain est petite mais c'est aussi un lieu original. La vasque en béton brut avec sa robinetterie murale en inox, la crédence en verre vert céladon, et ses patères "humaines" colorées accrochées aux murs créent un univers très personnel.
La cour intérieure, accessible depuis le salon, est un des points forts de ce loft authenique. Les murs en pierres grises disparaissent sous le lierre et la vigne vierge. Des fougères colonisent le sol de briques. Une longue table en bois vieilli avec des bancs assortis occupe l'espace central. L'ensemble ressemble presque à un jardin de curé. Et c'est un poumon vert bienvenu dans une ville aussi grande que Toronto. Au troisième niveau, la terrasse perchée dans les frondaisons offre une vue sur les érables centenaires du quartier.
Ce loft réussit quelque chose d'assez difficile. Il reste fidèle à l'identité du bâtiment qui l'accueille, tout en évitant d'être trop industriel. Trop souvent, les conversions comme celles-ci tombent dans l'excès de clichés et finissent par ressembler à des showrooms plutôt qu'à des maisons. Ici, le kilim rouge, les fauteuils en velours, la baignoire sur pieds, les patères dans la salle de bain, la cour envahie de lierre permettent de le sortir du total look.
Dans l'ensemble, c'est un projet inspirant pour ceux qui cherchent la façon dont on mélange les époques et les matières dans un même espace.
Roncesvalles Village se situe dans l'ouest de Toronto, à cinq kilomètres du centre-ville, entre le High Park et le quartier de Parkdale. C'est un secteur de la ville où l'on trouve une véritable vie de quartier avec des épiceries indépendantes, des cafés et même un marché fermier le samedi matin.
L'architecture y mélange les maisons victoriennes en briques rouges, quelques bâtiments commerciaux du début du 20e siècle, et des interventions contemporaines plus ou moins heureuses. Le bâtiment qui nous intéresse appartient clairement à la catégorie qui mérite notre attention.
Il y a eu depuis quelques années, de nombreuses conversions d'ateliers d'artistes à Paris dans le Marais ou de Belleville. La brique, les poutres, le béton, des espaces ouverts avec la même philosophie que cet authentique loft canadien. La différence tient peut-être dans les proportions (mais pas forcément), plus généreuses en Amérique du Nord.
En France, on a parfois hésité entre préserver le caractère industriel et tout lisser. Ce loft démontre que la préservation des éléments existants est un choix qui est préférable, mais à une condition : que la lumière entre suffisamment dans les espaces pour que l'on ne se sente pas oppressé. Sinon, cela peut être difficile à vivre au quotidien. Personne, même les ermites, n'a vraiment envie de vivre comme dans une grotte.
Ce loft authentique est à vendre en cliquant sur ce lien
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Le bâtiment s'appellait le High Park Garage. L'inscription reste visible sur la façade en briques, à moitié cachée par un érable japonais planté devant l'entrée. Pour ce projet de réhabilitation, on n'a pas cherché à effacer le passé industriel, car cela lui aurait ôté beaucoup de son charme.
Les fenêtres à croisillons noirs, grandes et régulières, tranchent sur la maçonnerie ancienne. Ce choix de couleur accentue le caractère ancien du bâtiment. Il n'est pas nécessaire de chercher à tout prix à le moderniser.
Le rez-de-chaussée
Le rez-de-chaussée s'ouvre sur un espace de vie unique totalement ouvert, installé sous des poutres d'origine qui courent à environ 3,65 mètres de hauteur. Le sol en béton poli qui cache le système de chauffage, recouvre l'ensemble du niveau.
La palette choisie pour la décoration par les occupants actuels joue sur quatre matières. On y trouve la brique rouge sur les murs, le bois sombre des poutres centenaires, l'acier brut de certains aménagements, et le béton du sol. Le mobilier casse cette austérité industrielle avec beaucoup d'intelligence.
Les fauteuils en velours roux apportent une chaleur immédiate. Le grand tapis kilim rouge et fuchsia, posé directement sur le béton, crée une zone colorée et dynamique. C'est un choix osé, car un tapis aussi saturé dans un espace aussi sombre peut augmenter la sensation d'obscurité. Les murs en brique apportent exactement la même chaleur chromatique dans les tons orangés et terracotta.
La cohérence de la palette est très calculée. Brique, velours roux, kilim rouge, on est dans la même famille de teintes, mais avec des textures très différentes.
Deux cuisines, une pour la vie quotidienne, une pour la fête
Ce loft réserve une surprise car il dispose de deux cuisines complètement distinctes, chacune avec sa propre identité décorative et ses propres usages.
La première est bleue. On ne s'attend pas forcément à voir du bleu pétrole dans cet espace. Et pourtant, c'est un contraste qui fonctionne parfaitement ici. La cuisine occupe un côté du rez-de-chaussée, avec du mobilier dans un ton plutôt froid qui met en valeur la chaleur de la brique. Le plan de travail en inox brossé et la crédence en carrelage clair font également un contrepoint à la brique.
La seconde cuisine est totalement différente dans l'esprit et dans la palette, elle occupe un autre angle du rez-de-chaussée. Ses façades en bois teinté brun très sombre, presque acajou, montent jusqu'aux poutres en formant un bloc monolithique massif. Le plan de travail en granit. Le détail le plus surprenant est la crédence en miroir biseauté, qui reflète l'espace et démultiplie la lumière dans un coin naturellement sombre.
L'espace salon et ses œuvres d'art
Les œuvres d'art présentes dans ce loft sont nombreuses. Le tableau le plus marquant est une grande photo d'une pivoine rose sur fond très sombre, presque noir, accrochée directement sur la brique rouge. Le contraste entre le fond sombre du tableau et la chaleur de la maçonnerie crée un effet de profondeur.
À côté, on remarque une suspension de type Spoutnik en métal laqué noir avec des bras multiples et des globes blancs. Ce luminaire, typique des années 50-60, a retrouvé une certain succès dans les années 2000, avec l'émergence des lofts. Il dialogue parfaitement avec la table ronde en teck massif et les chaises scandinaves. C'est un style mid-century intemporel bien adapté à l'esprit des lieux. Des casiers métalliques ont été récupérés, peut-être dans ancienne école ou dans le vestiaire de l'ancien garage. Ils ont été conservés dans leur état d'origine gris acier.
La chambre au second niveau
Le second niveau réserve la surprise la plus forte. La chambre principale est équipée d'une baignoire sur pieds en fonte, laquée noire à l'extérieur, face au lit.
Ce choix divise toujours (ce n'est pas celui que nous préférons pour chez nous, mais il se justifie assez bien dans cet environnement). Pratiquement, cela semble difficile à conserver rangé, et facile à vivre. Esthétiquement, c'est plutôt beau. La baignoire à pattes en argent poli sur le béton gris, devant les briques peintes en blanc, avec les poutres brutes au plafond, en photo c'est parfait.
Les briques de cette pièce sont peintes en blanc, contrairement au rez-de-chaussée où elles restent nues. Ce changement de traitement entre les niveaux est une bonne décision car il distingue les espaces de vie des espaces de nuit, et la chambre gagne en légèreté.
La salle de bain et ses détails qui font la différence
La salle de bain est petite mais c'est aussi un lieu original. La vasque en béton brut avec sa robinetterie murale en inox, la crédence en verre vert céladon, et ses patères "humaines" colorées accrochées aux murs créent un univers très personnel.
Les espaces extérieurs avec une cour et une terrasse
La cour intérieure, accessible depuis le salon, est un des points forts de ce loft authenique. Les murs en pierres grises disparaissent sous le lierre et la vigne vierge. Des fougères colonisent le sol de briques. Une longue table en bois vieilli avec des bancs assortis occupe l'espace central. L'ensemble ressemble presque à un jardin de curé. Et c'est un poumon vert bienvenu dans une ville aussi grande que Toronto. Au troisième niveau, la terrasse perchée dans les frondaisons offre une vue sur les érables centenaires du quartier.
Notre avis sur ce loft et sa décoration
Ce loft réussit quelque chose d'assez difficile. Il reste fidèle à l'identité du bâtiment qui l'accueille, tout en évitant d'être trop industriel. Trop souvent, les conversions comme celles-ci tombent dans l'excès de clichés et finissent par ressembler à des showrooms plutôt qu'à des maisons. Ici, le kilim rouge, les fauteuils en velours, la baignoire sur pieds, les patères dans la salle de bain, la cour envahie de lierre permettent de le sortir du total look.
Dans l'ensemble, c'est un projet inspirant pour ceux qui cherchent la façon dont on mélange les époques et les matières dans un même espace.
Le quartier de Roncesvalles Village à Toronto
Roncesvalles Village se situe dans l'ouest de Toronto, à cinq kilomètres du centre-ville, entre le High Park et le quartier de Parkdale. C'est un secteur de la ville où l'on trouve une véritable vie de quartier avec des épiceries indépendantes, des cafés et même un marché fermier le samedi matin.
L'architecture y mélange les maisons victoriennes en briques rouges, quelques bâtiments commerciaux du début du 20e siècle, et des interventions contemporaines plus ou moins heureuses. Le bâtiment qui nous intéresse appartient clairement à la catégorie qui mérite notre attention.
Un loft inspirant pour les projets de conversion en France
Il y a eu depuis quelques années, de nombreuses conversions d'ateliers d'artistes à Paris dans le Marais ou de Belleville. La brique, les poutres, le béton, des espaces ouverts avec la même philosophie que cet authentique loft canadien. La différence tient peut-être dans les proportions (mais pas forcément), plus généreuses en Amérique du Nord.
En France, on a parfois hésité entre préserver le caractère industriel et tout lisser. Ce loft démontre que la préservation des éléments existants est un choix qui est préférable, mais à une condition : que la lumière entre suffisamment dans les espaces pour que l'on ne se sente pas oppressé. Sinon, cela peut être difficile à vivre au quotidien. Personne, même les ermites, n'a vraiment envie de vivre comme dans une grotte.
Ce loft authentique est à vendre en cliquant sur ce lien
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