Comment installer la climatisation en copropriété même si on vous la refuse (en respectant la loi)
Suivez Planète Déco sur Google — ajoutez-nous à vos favoris pour retrouver nos articles déco dans votre fil d'actualitésClimatisation en copropriété opposée à la climatisation ? Découvrez les solutions possibles sans abîmer la façade pour avoir l'autorisation
L'article 25 de la loi de 1965 impose un vote en assemblée générale pour tout équipement extérieur visible. Beaucoup de propriétaires se retrouvent bloqués, sans clim, alors que les canicules deviennent plus fréquentes et plus longues chaque été. Heureusement, des solutions existent pour rafraîchir un intérieur sans toucher à la façade même si vous voulez une installation pérenne et efficace. On fait le tour des options qui respectent le cadre de la copropriété, sans sacrifier votre confort lorsqu'il fait très (trop) chaud. Locataires et propriétaires trouveront chacun une piste adaptée à leur situation.
Pourquoi le syndic refuse souvent l'installation
Un climatiseur split classique comporte deux éléments distincts. L'unité intérieure diffuse l'air frais dans la pièce. L'unité extérieure, plus volumineuse, évacue la chaleur captée à l'intérieur. Cette dernière se fixe en façade, en toiture, ou sur un balcon visible depuis la rue. Elle modifie donc l'aspect extérieur de l'immeuble, ce que redoutent la plupart des syndics. Le règlement de copropriété encadre strictement ce type de modification.
La demande passe obligatoirement par un vote en assemblée générale, à la majorité de l'article 25. Sans cette autorisation, le syndicat des copropriétaires peut exiger la dépose de l'appareil. Les frais de remise en état retombent alors sur le copropriétaire fautif. Une déclaration préalable en mairie s'ajoute parfois à cette procédure, notamment dans les immeubles classés ou situés en secteur protégé. Face à ce parcours semé d'embûches, mieux vaut explorer d'autres pistes pour se rafraîchir cet été, sans attendre le prochain vote en assemblée.
Le monobloc mural, une unité extérieure réduite à deux petits orifices
Le climatiseur monobloc fixe change la donne niveau autorisation. Il regroupe le compresseur, le condenseur et l'évaporateur dans un seul boîtier mural, installé à l'intérieur. Deux petits carottages de 150 à 160 mm relient l'appareil à l'air extérieur. Fini le gros bloc compresseur qui trône sur le balcon ou s'accroche à la façade. Cette discrétion facilite grandement l'obtention d'un accord en assemblée générale.
Le syndic accepte plus volontiers deux orifices circulaires qu'une caisse métallique visible depuis la rue. Cette solution convient parfaitement à une chambre, un bureau ou un petit salon. Comptez entre 20 et 30m2 de couverture pour une puissance de 2 à 3 kW. Le prix varie de 500 à 3000€, pose comprise. L'installation reste néanmoins soumise à autorisation, puisqu'elle touche la façade. Mais le dossier passe généralement plus facilement qu'une demande classique, grâce à son emprise minime sur le mur extérieur. Les entreprises de vente et de pose de ce type de climatiseurs, habituées à ce genre de problème, vous aideront en général à monter votre dossier.
Voici les principales marques et modèles de monobloc mural sans unité extérieure, qui ne demandent que deux perçages de façade :
Olimpia Splendid, gamme Unico Evo
Référence du marché depuis 1999. Trois puissances : 2,3, 2,5 et 3,1 kW. Dimensions de 101,5 x 54 x 18 cm pour 41 kg. Classe énergétique A+, très silencieux (30 dB en mode nuit). Prix à partir de 1532€, hors pose.
Klimea
Marque française avec une gamme large, du 9 HP Mini Inverter jusqu'au 18 HP Inverter (4,1 kW), plus une version verticale pour les petits espaces. Comptez entre 1500 et 3500€, pose comprise, selon la puissance choisie.
Remko, série KWT DC
Remko est une marque allemande, avec une technologie inverter, et un format compact avec deux trous seulement. Bonne réputation de fiabilité, mais tarifs généralement plus élevés que la moyenne du marché.
Pour un studio ou une chambre, Olimpia Splendid Unico Evo 20 HP reste le choix le plus documenté et le plus installé en France. Pour un salon plus grand, Klimea 18 HP ou Fral FSC14 montent en puissance.
Le rafraîchissement adiabatique, une autre option
Le rafraîchissement adiabatique (appelé également climatisation adiabatique) repose sur un principe différent. Un ventilateur aspire l'air chaud et le fait traverser un média humide imbibé d'eau. L'eau s'évapore et absorbe la chaleur au passage, ce qui abaisse la température de l'air soufflé dans la pièce.
Genatis commercialise l'Adiabox, une version mobile comparable à un climatiseur classique. Cette technologie reste toutefois moins efficace par forte humidité. Aucun fluide frigorigène, aucun compresseur, rien à rejeter à l'extérieur.
La société grenobloise Caeli Energie commercialise aussi son Caeli One, qui se raccorde à l'eau courante et nécessite deux petits orifices de 160 mm percés en façade pour évacuer l'air humide. L'appareil reste donc soumis à une autorisation, comme le monobloc, mais avec un impact minime sur la façade. Comptez entre 2500 et 3000€, pose comprise, pour une pièce de 15 à 30 m2.
Cette technologie affiche une consommation électrique très faible, entre 30 et 80 watts, mais elle boit jusqu'à 2 litres d'eau par heure en pleine canicule. Elle convient donc surtout aux climats secs, en complément d'une bonne ventilation nocturne. Mais elle est très efficace pour des pièces jusqu'à 30m2.
So.cool, la climatisation qui se branche comme une lampe
Autre option radicale, celle du So.cool. Ce climatiseur conçu par la start-up autrichienne Social Cooling ne comporte aucune unité extérieure. Il se pose simplement contre un mur et se branche sur une prise standard, comme un réfrigérateur. Aucun perçage, aucun tuyau d'évacuation, aucune autorisation à demander, puisque rien ne touche aux parties communes. Le design adopte une logique modulaire qui séduit d'ailleurs les amateurs de décoration intérieure. Chaque module mesure 60cm de large sur 100cm de haut et 60 cm de profondeur.
On peut en empiler jusqu'à trois pour couvrir une pièce de 50 m2. L'appareil intègre des capsules de rétention thermique brevetées. Il refroidit la pièce le jour et stocke la chaleur captée à l'intérieur. La nuit, il libère cette énergie vers l'extérieur, dans de meilleures conditions thermiques. Résultat, une consommation réduite de 40 % par rapport à un climatiseur classique, et un niveau sonore limité à 39 décibels. Son gabarit standardisé s'intègre comme un meuble de rangement et se déplace facilement si vous changez l'organisation du salon.
Le prix de lancement s'élève à 3120€ en précommande. La commercialisation à grande échelle est prévue pour 2027. Pour les locataires et les copropriétaires bloqués par leur règlement, cette solution mérite clairement le détour. Nous vous avons longuement parlé de cette solution dans cet article du blog.
La clim mobile et la cheminée, une astuce à manier avec précaution
Vous possédez une cheminée condamnée ou peu utilisée l'été (et pour cause!) ? Son conduit peut servir d'évacuation pour un climatiseur mobile. Le principe reste simple. Le tuyau flexible se glisse dans le conduit, au lieu de sortir par une fenêtre entrouverte. Cette astuce évite les kits de calfeutrage disgracieux qui pendent sur l'appui de fenêtre. Elle préserve aussi l'esthétique de votre salon, sans tuyau visible en travers de la pièce. Elle demande cependant plusieurs précautions avant de se lancer. Choisissez impérativement un climatiseur monobloc équipé d'un réservoir collecteur de condensation. Un modèle qui rejette l'eau condensée dans l'air évacué encrasserait rapidement le conduit.
L'humidité chaude qui remonte dans une cheminée froide peut aussi créer de la condensation et abîmer la maçonnerie. Faites vérifier le conduit par un ramoneur avant toute tentative d'installation. Installez un clapet anti-retour pour empêcher la suie, les insectes ou les odeurs de redescendre dans la pièce. Cette solution reste temporaire et artisanale, mais elle offre une alternative gratuite et ingénieuse à ceux qui gardent une cheminée inutilisée l'été. Le manteau de la cheminée retrouve alors une utilité, sans perdre son cachet d'origine. C'est particulièrement possible dans les appartements haussmanniens qui ont encore leur cheminée d'origine qui fonctionne. A Paris, on vous interdit sans doute de l'utiliser l'hiver, alors pourquoi ne pas en faire votre meilleure alliée anti canicule l'été?
Quelle solution choisir selon votre logement
Le choix dépend surtout de votre statut, de votre budget et de la configuration de votre logement. Un locataire privilégiera le So.cool ou la clim mobile, deux solutions transportables qui ne touchent pas au bâti. Un propriétaire disposant d'une cheminée testera d'abord l'évacuation par le conduit, avant d'investir davantage. Pour un usage plus régulier dans une pièce fermée, le monobloc mural reste le compromis le plus performant. Le split à unité compacte convient à ceux qui disposent d'un balcon ou d'une terrasse à aménager.
Chaque solution demande un niveau d'autorisation différent, du simple accord tacite du syndic jusqu'au vote formel en assemblée générale. Dans tous les cas, vérifiez le règlement de copropriété avant d'agir. Une clim installée sans accord expose à une procédure longue et coûteuse, aux frais du copropriétaire. Prenez le temps de comparer les devis et les délais avant de vous engager.
Le mot de la fin
La climatisation n'a plus besoin de défigurer une façade pour rafraîchir un intérieur. Entre le monobloc discret, la clim adiabatique, le So.cool sans perçage et la clim mobile raccordée à la cheminée, chaque logement trouve désormais sa solution. Ces alternatives respectent le cadre de la copropriété, tout en préservant la fraîcheur de votre intérieur.











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